FRANCOIS HILSUM

 

Je plaide coupable

Les méandres de ma peinture désarçonnent ?

Je plaide volontiers coupable : peintre, je ne veux pas monter le même cheval pour trotter imperturbablement sur un chemin en boucle.

Ma promenade me conduit souvent sur une ligne de crête.

Ici, la Vallée de la Seine, onduleuse sous le vent, là celle de l’Epte, plus intime, flirtant parfois avec de vieux amants. Toutes deux féminines.

Éponge gorgée d’une lumière opalescente, avançant un pied de chaque côté de la crête, j’ose m’imaginer au-delà de la figuration et de l’abstraction. Espérant qu’en peinture aussi, le métissage donne naissance à de beaux enfants.

Ils ne sont pas bavards. C’est que ma génération a trouvé dans son berceau le refus du discours, le silence de la peinture, tel que l’entendait Georges Bataille parlant de Manet. Ainsi ajoutait-il le peintre peut se donner alors librement au chant des formes et des couleurs, à la recherche d’un nouvel ordre de formes, un nouveau monde.

Notre époque trouée par tant de cratères, agitée par tant de maelströms meurtriers, écartelé et ravagée par tant de torrents, de tempêtes, de désastres exterminateurs, mais aussi apaisée par ces fleuves tranquilles, éblouie par des paysages utopiques, engendre ses langages.

De nouveaux outils permettent de nouvelles formes d’expression : ils ne rendent pas pour autant caduques les anciennes. Les avant-gardes artistiques de ce temps sont nécessairement multiples et plurielles. Plus aujourd’hui qu’hier.

François HILSUM

 
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